La maison passive

Publié le par Fane

Ces dernières années, les habitations dites "à basse consommation" ont commencé à se démocratiser, conséquence de l'augmentation drastique du coût de l'énergie, surtout du chauffage. Il existe plusieurs concepts que je voudrais clarifier.

La maison bioclimatique
Développée au cours des années 70, ce concept a essuié  quelques échecs mais est revenu à la mode ces dernières années, suite à une certaine prise de conscience individuelle. L'architecture d'un maison bioclimatique est conçue pour s'adapter au mieux à l'environnement et tirer parti du climat pour gagner du confort et économiser des l'énergie. De plus, les constructions bioclimatiques sont censées utiliser des matériaux naturels et des techniques non polluantes pour le chauffage (solaire, géothermique...).

La maison passive
Le concept de maison passive va plus loin car il s'agit un bâtiment pratiquement autonome pour ses besoins en chauffage. Il se contente des apports solaires passifs, des apports thermiques des machines et d'une bonne isolation. A la base, il s'agit d'un concept allemand "Passivhaus" qui consiste principalement à limiter les déperditions de chaleur. Ce "label" est accordé à partir d'un besoin en chauffage inférieur à 15 kWh/m²/an, et un besoin de moins de 50 kWh/m²/an d'énergie primaire (les 15 kWh/m²/an du chauffage + eau chaude + électricité). Avec un besoin calorifique aussi faible, seuls les habitants les plus frileux utilisent un système de chauffage d'appoint.
Pour réduire les besoins énergétiques au minimun, 3 règles sont essentielles:
1. Une excellente isolation
Pour cela, le coefficient de transmission thermique des parois doit être inférieur à 0,15 W/m2K. A titre d'exemple, la norme en Belgique autorise 0,6  pour les murs et 0,4 pour la toiture. Pour atteindre une telle performance, les parois peuvent atteindre 50 cm d'épaisseur et doivent avoir une forte inertie thermique (matériaux lourds car ils accumulent mieux la chaleur). De plus, la totalité de la surface de l'habitation doit être dépourvue de ponts thermiques.
2. Un système de ventilation performant
La ventilation doit assurer un confort et une parfaite qualité de l'air intérieur indépendamment des conditions climatiques. Pour cela, un système de ventilation mécanique à double flux avec récupérateur de chaleur est nécessaire. Ainsi, l'air vicié est extrait des pièces utilitaires (cuisine, WC, salles d'eau...) et l'air frais, préchauffé par la chaleur de l'air vicié et injecté dans les autres pièces. Le renouvellement de l'air dit être d'environ 30 m3 par heur et par personne. Pour obtenir une aération efficace de l'habitat, il est donc primordial que le batiment présente une parfaite étanchéité à l'air (norme n50 < 0,6 1/h). Il n'est pas recommandé de laisser inutilement ouvertes les portes ou les fenêtres, puisque cela perturbe la ventilation mécanique, et parce qu'il n'est plus nécessaire d'aérer les pièces pour renouveller l'air interieur.
Un telle système reste couteux en énergie (entre 300 et 500 kWh/an) et doit être entretenu, mais représente tout tout de même une économie d'énergie  finale car il faut office de chauffage.
3. Des fenêtres haute qualité
Evidemment, les fenêtres doivent être parfaitement étanches à l'air et exmptes de pont thermiques dans le cadre ou le chassis. Leur coefficient de transmission doit être inférieur à 0,75 W/m2K. Pour cela, l'utilisation de triples vitrages calorifuge (pour limiter le rayonnement chaud vers l'exterieur) avec chassis superisolant est recommandée. Il faut que les vitrages laissent pénétrer davantage de chaleur solaire qu'il n'en laissent s'échapper. D'autre part, le facteur solaire doit être supérieur à 50 % afin de laisser pénétrer les rayons du soleil et éclairer les pièces. La disposition des fênetres doit être organisée en fonction de la position du soleil et leur nombre doit être diminué au profit de leur taille. Enfin, il est préférable d'opter pour un maximun de fenêtres fixes (non ouvrantes) puisqu'il n'est plus nécessaire de les ouvrir, sauf pour regarder ce qu'il se passe dehors ;-)

Enfin, les besoins en enérgie dépendent fortement du mode de vie et des habitudes de consommation des habitants. Les appreils électriques gourmands en énergie, le gaspillage d'eau chaude et une température intérieure élevée sont incompatibles avec un habitat passif.

Le coût d'une telle construction reste prohibitif, (à partir de 1400 euros/m2) et les entrepreneurs capables de les réaliser sont rares. En effet, une mauvaise conception des détails ou une exécution non appropriée sur chantier peuvent compromettre sérieusement les performances de la maison et allonger considérablement le retour sur investissement. C'est pourquoi une « maison passive » doit être conçue et construite d'une manière méticuleuse par des spécialistes.

Actuellement, il existe très peu de maisons en Europe (environ 4000) pouvant prétendre à l'appéllation de 'maison passive', la première ayant été construite à Darmstat en Allemagne. Il en existe aussi en Autriche, mais très peu en Belgique ou en France.



La maison autonome
Le concept de maison autonome est différent de la maison passive sans le sens ou il n'intègre pas forcément des contraintes techniques aussi poussées. Ici c'est l'autonomie vis-à-vis des réseaux de distribution classiques qui est visée (électricité, eau, gaz...). Pour réussir à s'affanchir tout cela, outre une très bonne isolation et un mode de vie adapté, il faut récupérer de l'énergie "gratuite" de l'enironnement (panneaux solaire pour le chauffage de l'eau ou la cuisson, éolienne ou cellules photovoltaiques pour l'électricité, pompe à chaleur pour la chauffage). En combinant plusieurs sources d'énergie, un équilibre peut se créer et l'autonomie peut être atteinte.
D'autre part, la maison doit être équipée d'un système de récupéation et filtration des eaux de pluie, ou posséder une source d'eau naturelle dans le terrain (à récupérer avec un système de pompage). L'autonomie en eau peut être atteinte dans les régions à forte pluviométrie.
L'autonomie alimentaire peut également être tentante (potager, animaux de la ferme...) mais cela représente un travail supplémentaire non négligeable.
La maison autonome reste toutefois une utopie à l'heure actuelle vu le coût des panneaux solaire, des éoliennes, batteries, etc).
Exemple de maison quasi autonome : La maison de Patrick et Brigitte Baronnet

Mon rêve serait de faire construire une telle maison, j'espère que cela devriendra plus adordable à l'avenir. C'est un projet qui se prépare environ 2 ans à l'avance, et le plus difficile est le choix du terrain qui va déterminer les caractéristiques de la maison. Le surcoût actuel d'une maison bioclimatique peut être rentabilisé en 8 ans, sans prendre en compte l'augmentation du prix de l'énergie. Les économies réalisées peuvent eller jusqu'à 5000 euros par an.

Autres liens complémentaires
Livre : La conception bioclimatique, Samuel Courgey et Jean-Pierre Oliva
Ekopedia : La maison passive définition
Guide du consommateur : Le rendement énergétique des portes et fenêtres
Dossier Natpro : Qu'est ce qu'une maison passive
Logiciel de simulation, bilan énergétique... : Pleiade et Comfie





Publié dans Logement

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Diana53 23/03/2015 14:08


Bonjour! Je voudrais changer le système de chauffage de ma maison!est ce que c'est possible?

pompe a chaleur 21/10/2009 21:25


merci pour ce résumé !
michel


Maison passive 31/03/2009 18:57

Merci pour cet article !Vous pouvez également utiliser PHPP.Sofia ROCHE

Maison Passive 26/03/2009 00:41

Merci pour cet article !

pat 11/01/2008 15:07

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