Depuis toujours, dans la nature, les graines tombent sur le sol et les plantes se développent et s'adaptent à leur environnement. Elles sont pollénisées, se reproduisent et évoluent naturellement. Désormais, au nom de la consommation à outrance et des intérets économiques, l'homme a fait en sorte que ce soit autrement. Pendant des millénaires, la semence était libre, elle est maintenant modifiée, brevetée, exploitée.
Avant de présenter la vidéo de l'association Kokopelli, je vais faire un petit tableau de notre système alimentaire, pour le moins préoccupant si l'on y regarde de plus près.
Un plan machiavélique
Les plantes transgéniques ne sont pas apparues par hasard un beau jour, et il y a derrière leur généralisation un but précis : le profit. Le terrain a été minutieusement préparé depuis les années 60 pour finalement imposer les brevets OGM sur le marché.
La «Guerre des semences» débuta officiellement le 2 décembre 1961 avec la création d'un organisme international siégeant à Genève, L’U.P.O.V (Union pour la Protection des Obtentions Végétales), dont le but est de promouvoir et réglementer le monde des brevets sur les nouvelles variétés de plantes potagères, céréalières, fourragères et autres arbres fruitiers.
Mais la vie est-elle brevetable ? Les grands trusts de l'industrie chimique ne se sont pas embarassés de questions éthiques. Pourquoi ? Le vivant étant réduit à un programme génétique, manipulable à souhait, il ne restait plus qu'à l'imposer pour en tirer profit.
La communauté européenne instaura un "catalogue officiel" des semences autorisées à la vente, l'inscription d'une variété dans ce catalogue étant bien entendu payante. Aux Etats-Unis, le sénat vota des amendements afin de pouvoir s’aligner sur les législations européennes et devenir membre de l’UPOV. L’Angleterre devint membre après avoir promulgué le 1 er juillet 1973 le « Seeds Regulation» interdisant à la vente toute variété de plante non inscrite sur le catalogue.
L'établissement d’un système de brevets sur les plantes ouvrit toutes grandes les portes aux multinationales jusqu’alors peu intéressées par ce secteur. Lorsqu'ils ont compris que la graine était à l'origine de toute production agricole, et que ces même graines pouvaient être brevetées (comme par hasard), la brèche était ouverte. Entre 1970 et 1984, quelques 839 firmes productrices de semences furent ainsi rachetées par des grandes multinationales (Shell Oil, Occidental Petroleum, Sandoz, Bayer, Monsanto, Novartis, etc…). Ainsi, après avoir maîtrisé totalement les secteurs de la fertilisation (engrais), de la phyto-pharmacie, le dernier maillon de la chaîne est maintenant sous contrôle. Les pays en voie de développement sont eux aussi progressivement asservis aux grands groupes de semenciers aprenti-sorciers.
Comment est-ce possible ??
Autrefois, les paysans récoltait leur graines pour leur semis de l'année suivante. Aujourd'hui, lorsque vous achetez des graines dans le commerce, celle-ci sont obtenues à l'aide de croisements de plantes afin d'obtenir une variété "commerciale" hybrides. Ces hybrides, désignés par le sigle F1, sont la plupard du temps stériles ou dégénérescents, de sorte que les plantes obtenues ne pourront pas se reproduire et donner de nouvelles graines... Voilà donc le truc ! chaque année, il vous faudra racheter de nouvelles graines.
Pire, les agriculteurs achètent les graines "sous contrat", c'est à dire qu'il doivent payer chaque années pour leurs graines, et ont interdiction de les reproduire. De toute façon, un grain génétiquement modifié ne se ressème pas, et ces semences sont «codées» pour aller de pair avec les pesticides vendus par les mêmes fournisseurs d'OGM. Enfin, certaines firmes détentrices de brevets identifient l'OGM par l'insertion d'un gène marqueur afin de pouvoir poursuivre les «fraudeurs» et faire valoir leurs droits. Un busines en or !
Enfin, les aliments que vous achetez dans le commerce sont issus de plantes hybrides, il vous sera donc impossible de récupérer les graines de fruits et légumes pour la culture. Ceci s'appelle la dépendance alimentaire.
Bilan
- les OGM coutent cher en subvention
- Les OGM renforcent la dépendance des agriculteurs par rapport aux herbicides (apparition de résistances à certaines molécules herbicides)
- conduisent à de nombreux procès portant sur les brevets,
- générent des pertes de marchés et des prix bas pour les céréales produites
- les semences OGM coûtent de 25 à 40 % plus chères aux agriculteurs
- provoquent la disparition de l'agriculture biologique dans certains secteurs agricoles.
On s’aperçoit maintenant que ces OGM ont peu à peu envahi la planète... Profitant de l’abrutissement et du manque d’intérêt général de la majorité des consommateurs pour la qualité de ce qui leur tient lieu de nourriture, les firmes n’ont pas eu de mal à imposer les OGM en Amérique du Nord. L’Europe n’aurait qu’à suivre ! Pas bien difficile…Heureusement, il semblerait que malgré les pressions énormes pour banaliser les OGM, il reste quelques espoirs que tout ne soit pas perdu chez nous : des individus luttent courageusement contre les essais OGM, et la partie n’est pas encore vraiment gagnée... quoi que ...
Là encore, si les gens s’étaient enfin mis à réfléchir et à consommer vraiment des produits biologiques et à délaisser leurs chers supermarchés, les choses n’en seraient pas peut-être pas là …
Il est donc clair que la sécurité alimentaire est en danger. Il est reconnu que les effets écologiques des disséminations des plantes transgéniques dans l’environnement ne peuvent pas être évalués aujourd’hui et seront irréversibles. Les conséquences sanitaires de l’ingestion de ces produits ne sont pas mieux connues que les conséquences écologiques, ce qui n’a pas empêché la mise en culture de ces plantes…
Effondrement de la biodiversité
La destruction du patrimoine génétique est déja bien entammée. Sur les dizaines de milliers de plantes comestibles que recèle le monde végétal, seulement trois mille d’entre elles ont été utilisées dans l’histoire de l’humanité. Sur ce nombre, seulement 150 espèces sont inscrites au registre du commerce international. Actuellement, une trentaine de ces 150 pourvoient à plus de 90% des ressources alimentaires de l’humanité : les céréales, légumineuses, tubercules (pomme de terre etc), les fruitiers et quelques plantes oléagineuses et sucrières. De nombreuses variétés que cultivaient nos aieux ont complétement disparues. Ceci s'appelle la standardisation du goût.
Aujourd'hui, il suffit de consulter des catalogues ou de regarder les rayonnages des grandes surfaces pour constater la pauvreté du choix de variétés en espèces potagères. Heureusement, de nombreux passionnés ont travaillé pour retrouver ces variétés anciennes, sous couvert de collections, ou de « conservatoire », pour ne pas tomber dans l’illégalité. De nombreuses jardiniers militent pour la conservation du peu qu'il reste de la biodiversité, mais suite au durcissement de la nouvelle législation concernant les semences, certaines on dû s'arréter car elles n'avaient pas les moyens d’inscrire leurs centaines de variétés oubliées au catalogue officiel.
L'association «KOKOPELLI» est un modèle dans ce domaine, et c'est pourquoi j'ai voulu présenter cette vidéo, très instructive.
Voici un autre reportage sur les OGM : l'exemple alarmant de l'Argentine, où le soja transgénique à envahi les terres les plus fertiles.
Liens complémentairesKokopelli : Le site de l'associatoion
OGM danger : une asso qui milite contre le OGM
Hybrides F1 : définition Wikipédia
Nature et Progrès : Fédération Internationale d’agriculture biologique
- Signez le petition pour la préservation de l'agriculture européenne sans OGM
Lancée par l'association
GIET
Par Fane
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Publié dans : Ecologie
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